Les 6 concepts de la pédagogie Montessori pour un développement naturel de l’enfant.

La pédagogie Montessori est la pédagogie qui a fait ses preuves en France. Elle a été approuvée par les professionnels, comme pour les parents, grâce aux merveilleux résultats sur les enfants. De nos jours, beaucoup d’enseignants se posent la question d’appliquer cette pédagogie dans leur classe publique. Toutefois, les enseignants qui essayent d’exercer leur liberté pédagogique redoutent de s’aventurer sur les chemins montessorien, pour cause d’une connaissance trop parcellaire de la pensée de Maria Montessori, l’acquisition du matériel, l’agencement de la classe, le rythme des journées, l’organisation avec les collègues, les relations avec les parents, le suivi et l’évaluation des élèves, l’articulation avec le programme scolaire. Néanmoins ceux qui osent s’aventurer dans cette merveilleuse aventure voient émerger sous leurs yeux de magnifiques petits miracles. Par leur propre volonté et leur concentration naturelle, les enfants s’épanouissent. L’intelligence cognitive et sociale des enfants se mettent à jaillir dans les classes. Les retours de ses enseignants étaient leur étonnement face aux résultats qu’ils n’imaginaient même pas. Voici le livre qui peut aider les enseignants à pratiquer la pédagogie Montessori dans leur classe.

L’éducation ne peut se résumer à une méthode. C’est la mission de vie de chaque enfant, qui lui est propre à lui-même : le développement de son être. Si on ne permet pas aux qualités humaines de se déployer dès le début de sa vie, elles peuvent s’émousser voir disparaître dans certains cas. L’enfant est un être neuf qui apporte sans cesse à la vie sa sève qui revigore. Ce regard sur la vie que l’enfant apporte, le monde en a besoin. Il est capable de nous apporter la preuve tangible d’une humanité meilleure. Il est important d’avoir confiance en l’enfant pour qu’il se développe dans le sens de son humanité.

Voici les 6 concepts qui résument la pédagogie Montessori.

1 – L’embryon spirituel

L’embryon spirituel c’est le développement de l’âme de l’enfant. Maria Montessori parlait beaucoup de l’âme de l’enfant. Elle peut être identifiée comme étant le siège émotionnel et affectif de l’enfant.

Incarné par sa volonté, le nouveau-né est considéré comme un esprit enfermé dans la chair pour venir au monde. Chaque enfant est différent et va développer sa propre personnalité, poussé par son esprit créateur. Ils sont tous une œuvre d’art de la nature, unique. Ce nouveau-né, devant nous, est capable de tout et pourtant nous n’avons aucune idée de ce qu’il sera. C’est pour ça que nous devons le guider avec respect. C’est une âme emprisonnée qui cherche la lumière dans l’obscurité. Il possède une vie psychique, sans même que nous nous en doutions. Petit à petit, il va chercher à se construire et ce corps inerte va s’animer, toujours poussé par sa volonté.

L’enfant n’est pas un adulte en miniature. C’est un adulte en devenir. Il est doté d’une vie qui lui est propre avec une mystérieuse sensibilité du monde qui l’entoure et un dynamisme créatif. Si l’adulte ne souhaite pas qu’il touche à tout, il exerce sa volonté sur l’enfant, tel un dictateur, pour le former. Alors que sa volonté d’enfant est d’être active. C’est pour cela qu’il est important de créer un environnement à sa portée sur lequel il puisse agir. Si l’enfant n’a pas la possibilité de faire usage de son intelligence, elle s’atrophie. Dès qu’il commence à se mouvoir, il doit avoir des choses à faire et à expérimenter.

2 – L’esprit absorbant

L’enfant a cette faculté d’apprendre, en absorbant, tout ce qu’il se trouve dans son environnement. Il emmagasine sans difficulté, très naturellement. Sans se remplir de connaissances, il les intègre à sa personnalité et à sa construction mentale. Il apprend avant même d’aller à l’école, sans aucune méthodologie. Alors comment ça se passe exactement ?

L’enfant apprend et ça se passe de manière inconsciente. Et cela, depuis sa naissance, voir même avant. Nous, les adultes, nous apprenons avec notre intelligence par le raisonnement et la mémorisation. Ce n’est pas la même chose avec l’enfant, qui lui n’a pas la faculté de raisonner et de mémoriser. Dès tout petit, il absorbe toutes sortes d’informations et d’impressions grâce à sa vie psychique qui est déjà bien présente en lui. On dit que les enfants sont des éponges. Chaque élément qui fait parti de son environnement réagit en lui, avec son psychique, telle une chimie mentale. Grâce aux sens du toucher, de l’ouïe, de l’odorat, de la vue et du goût, les impressions s’incarnent en lui et participent à sa construction. Pour schématiser, chaque élément remanie la structure mentale. Pour l’adulte, les éléments viennent remplir un espace tel un verre que l’on remplit avec de l’eau. Le verre reste inchangé lui.

L’enfant n’a pas appris à parler et pourtant il a su naturellement parler, comme pour la marche et toutes les autres acquisitions. En les entendant, les sons ont intégrés son psychisme de manière inconsciente. C’est lorsqu’il reproduit lui-même ces sons qui fait remonter cet apprentissage dans le conscient.

Dans cette dynamique, chaque geste que fait l’enfant a une caractéristique particulière dans son développement. Il est important de ne pas venir faire obstacle à ses élans naturels qui lui sont nécessaires à son développement. Par exemple, lorsqu’il manipule un linge à lui, qu’il observe, qu’il le tourne, qu’il essaie de le mettre, qu’il l’enlève de nouveau et recommence, il nourrit son psychisme. Ce sont les acquisitions inconscientes qui font surface dans le conscient. Cela va de même, pour les jeux. Les enfants jouent ou font en permanence quelque chose. Ils mettent en pratique et absorbent continuellement de nouvelles connaissances.

Il est intéressant d’observer vers quoi l’enfant se dirige. Il est guidé par ses périodes sensibles.

3 – Les périodes sensibles

Les périodes sensibles se définissent par une sensibilité spéciale durant l’enfance pour une activité. Elles débutent par une impulsion, en surgissant comme une vive émotion de l’inconscient pour venir construire le conscient. Elles sont passagère, après la sensibilité cesse. Elles se limitent à l’acquisition d’un caractère déterminé. Ensuite l’activité sera reflexe.

Les périodes sensibles mettent en lumières des éléments bien particuliers pour l’enfant. C’est le travail de l’âme en voie de formation qui participe à la croissance psychique de l’enfant. Ces sensibilités développent des relations de qualités avec le monde car se sont des apprentissages vivants et enthousiastes. L’enfant se voit accomplir des actes merveilleux et stupéfiants. Pour lui, dans ces périodes là, tout est facile.

Il est important de respecter les périodes sensibles des enfants. Dirigées par leur instinct, elles sont comme un guide pour eux. Il n’y a pas de hasard. Donc nous avons seulement à faire confiance.

Voici les caprices d’enfants que les adultes aiment tant pointer du doigt. Ce sont les conflits intérieurs avec les périodes sensibles. C’est l’expression des besoins insatisfaits. Derrière le caprice, écoutons la demande. Et encore une fois, ayons confiance en eux. Ils savent ce qui est bon pour eux. Le caprice n’est pas une perversité humaine. C’est la première maladie de l’âme qui montre une perturbation intérieure. L’âme réclame et se défend. Le calme s’opère si l’ambiance extérieure correspond aux besoins intérieurs.

L’intelligence de l’homme se construit lors des périodes sensibles de l’enfance. L’erreur de l’éducation est d’aller à l’encontre des lois naturelles du développement de l’enfant.

4 – L’ambiance

L’enfant possède le plan pour son développement à nous de l’aider en organisant la vie autour de lui. Pour qu’il prenne ce dont il a besoin pour devenir l’homme qu’il souhaite devenir.

L’ambiance a besoin d’être attractive pour créer l’enthousiasme chez l’enfant. Le calme amène l’enfant à s’apaiser et se concentrer lors de ses activités. L’environnement doit être préparé pour que l’enfant soit en confiance. Il doit répondre à ses besoins en fonction de ses capacités physiologiques. Cette ambiance harmonieuse vise à développer le potentiel naturel de l’enfant.

Nous devons choisir la qualité à la quantité. Les jouets sont leurs outils de travail : figurines d’animaux, instruments de musique, cousins sensoriels, puzzles, livres, jeux de constructions. Ce sont des objets fais avec des matériaux nobles, sensoriels et harmonieux. Les objets lumineux et sonores sont à bannir. Ils sont sources de stress et de fatigue. Leur sur-stimulation freine la concentration.

Pour que l’enfant soit préparé à travailler, l’organisation a besoin d’être claire et logique avec des étagères non surchargées. De plus, l’environnement doit être adapté aux capacités physiologiques de l’enfant avec tables et chaises à sa taille. Tout ceci permet des activités en autonomie. Ce qui accroit l’esprit d’initiative et les capacités d’entreprendre de l’enfant.

La pédagogie Montessori c’est agir sur l’environnement et non sur l’enfant.

5 – L’ordre

Selon Maria Montessori, il y a une période sensible, qui s’apparente à l’ordre. Sans âge précis, tous les enfants se présentent à un moment dans cette période sensible. Le calme et la clarté que fait émerger l’ordre extérieur reflète l’ordre intérieur. Ce sont des enfants qui sont sensibles à ce que toutes choses soient à sa place. Le désordre les agitent, les énerves et peut être à l’origine de sanglots. Dans son livre “l’enfant”, Maria Montessori nous donne l’exemple d’une petite fille de 6 mois qui s’énerve et se met à pleurer lorsqu’une ombrelle est posée sur la table. Le calme revient lorsque l’ombrelle est retirée. L’ordre est revenu.

Les routines favorisent l’ordre chez l’enfant. Ils les sécurisent. Des routines bousculées se manifestent par des comportements inadaptés qui reflètent un désordre intérieur.

 

6 – L’éducateur observateur

L’éducateur doit être un exemple pour l’enfant. Il ne doit pas faire peur à l’enfant par son autorité pour forcer à corriger les comportements inadaptés : la timidité, les caprices, mensonges, pleurs, … Il doit être un modèle, donc réagir comme l’on souhaiterait que l’enfant réagisse dans telle situation : tolérance, douceur et courtoisie. C’est la meilleure méthode de transmettre des principes durablement.

L’éducateur est un guide. C’est à dire qu’il va expliquer le nécessaire mais éviter le superflu. Toute aide inutile est une entrave à son développement. Pas besoin de lui pointer son erreur. A force de faire et refaire il va s’apercevoir de son erreur. Ce qui est plus efficace pour un apprentissage de qualité. Pas besoin d’intervenir si l’enfant fait preuve de lenteur. Il est concentré et a besoin de ça pour y arriver. En s’exerçant, il ira de plus en plus vite. Pas besoin de l’aider à porter des choses lourdes s’il ne le désir pas. Une des périodes sensibles, vers deux ans, est de porter du poids et d’utiliser le maximum de ses forces.

L’éducateur doit parler à l’enfant comme on parle aux adultes. L’enfant enrichit son vocabulaire en absorbant ce qu’il entend. L’éducateur doit avoir un vocabulaire correct, riche et varié. Il ne doit pas corriger l’enfant lorsqu’il fait des erreurs. L’enfant se corrigera de lui-même. Il peut tout de même reformuler des phrases lorsque l’enfant se perd dans des phrases complexes ou approximatives.

L’éducateur doit apprendre à observer l’enfant en toute humilité. Il doit respecter ses périodes sensibles et son guide intérieur qui le poussent à s’éveiller selon son propre programme. Il doit protéger sa concentration. Il peut néanmoins réorienter l’enfant sur l’utilisation d’un matériel s’il n’est pas approprié.

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