7 concepts des écoles libres d’Alexander S. Neill qui créent des êtres talentueux

A.S. Neill est un psychanalyste qui a fondé une école autogérée dans Londres en 1921. Basée sur le consentement libre des enfants, il souhaitait créer des êtres libres, originaux et créateurs.

L’idée de cette école est de respecter l’enfance et les lois qui lui sont propres.  Son livre Libres enfants de Summerhill  où il témoigne est riche d’expériences. Ces expériences permettent de développer nos connaissances sur les besoins de l’enfant pour leur épanouissement et leur développement.

Summerhill a créé des artistes de renom, des musiciens, des acteurs, des hommes de sciences, des mathématiciens, des médecins, des cuisiniers, des chauffeurs de taxi qui ont parcouru le monde, … Mais tous ont pratiqué leur métier avec amour et passion. Cette expérience est maintenant au stade de démonstration car elle a prouvé que l’éducation dans la liberté est une réussite.

Je me suis inspirée de ce livre pour vous écrire cet article.

1 – L’opposition à l’école traditionnelle

A.S. Neill accuse le système de former des individus “manipulés” et “dociles”. Il accuse les parents de consentants à ce système, aveuglés par la recherche du succès et de l’argent. L’instruction c’est imposer ses idées. Les méthodes employées manipulent. C’est une offense des droits de vivre de l’enfant. Un enfant qui désir apprendre une longue division l’apprendra quelle que soit la méthode employée. Il en va de même pour la lecture.

“L’enfant façonné, conditionné, discipliné, refoulé, l’enfant prisonnier dont le nom est Légion vit dans tous les coins du monde. Il habite dans notre ville, juste de l’autre côté de la rue. Il est assis devant son pupitre ennuyeux, dans une école ennuyeuse et, plus tard, il est assis devant un bureau plus ennuyeux encore , dans quelques entreprises, ou bien il travaille à la chaîne dans une usine. Il est docile, prêt à obéir à toute autorité, fanatique dans son désir d’être normal, conventionnel, correct, et il craint les critiques. Il accepte ce qu’on lui a enseigné sans jamais se poser de questions, et il passe à ses enfants tous les complexes, toutes ses peurs et toutes ses frustrations.”

 

Les enfants qui ont une vie répressive ne peuvent pas vivre leur vie pleinement. Dans les écoles classiques les élèves sont aimables, plaisants et parfois passionnés mais il manque quelque chose d’important dans tout cela. C’est le facteur émotif. On leur a appris à savoir sans leur permettre de ressentir. De plus, on les persuade que d’engloutir des savoirs théoriques c’est plus important que de vivre leur vie d’enfant. En leur parlant d’avenir, ils sont manipulés par la peur. Tout ce temps passé en classe est du temps perdu et surtout du temps prit qu’ils n’ont pas pour jouer. L’étude devrait venir qu’après le jeu et non l’inverse.

Il faudrait laisser faire plus de travaux imaginatifs aux enfants : manuels, théâtre, danse, … A Summerhill, lorsque les enfants ont voulu un hangar pour leur vélo, ils le construisirent seuls sans l’aide d’adulte, en partageant les compétences de chacun. Chez les enfants la paresse n’existe pas. Ce que l’on prend pour de la paresse chez les enfants c’est en réalité un manque d’intérêt. Summerhill a prouvé que l’autodétermination réussi.

“Les créateurs apprennent ce qu’ils veulent apprendre, afin d’avoir les outils que leur originalité et leur génie exigent . Nous n’avons aucune idée des créations qui sont tuées dans des salles de classe, où l’on insiste sur la nécessité d’apprendre.”

2 – L’acceptation de l’enfant

Ce que souffre les enfants difficiles et les hommes difficiles est le mal de l’âme. La souffrance qui réside en chacun d’eux doit être guérit afin d’être en paix.

“Jamais un homme heureux n’a troublé la paix d’une réunion,, prêché un guerre, ou lynché un Noir. Aucune femme heureuse n’a jamais cherché noise à son mari ou à ses enfants. Jamais un patron heureux n’a fait peur à ses employés. Tous les crimes, toutes les haines, toutes les guerres peuvent être ramenés au mal de l’âme.”

A.S. Neill donnait des cours particuliers aux enfants qui en avaient besoin. C’était des cours à leur demande. Le seul but de ses cours particuliers étaient de libérer des émotions.

De nos jours, nous parlons de troubles émotionnelles ou troubles du comportement à la place de “mal de l’âme” et nous parlons de développement personnel pour “guérison”. Dans les écoles de Summerhill, les maux de l’âme y sont guérit pour laisser place à la joie de vivre. La haine engendre la haine, l’amour engendre l’amour.

L’amour c’est l’acceptation de l’enfant. Ce qui est essentiel au sein d’une école c’est d’accepter l’enfant avec toutes ses caractéristiques uniques à lui-même. A Summerhill, les enfants savent qu’ils sont acceptés. Comment peut-on faire un métier au plus près des enfants sans les aimer ? On ne peut pas aimer et gronder, punir et maintenir l’ordre par la peur. C’est l’amour qui guérit avec l’approbation et la reconnaissance d’être soi-même.

Si vous n’avez pas foi en eux, ils le ressentent. Mais comment peut-on accepter les enfants lorsqu’on ne s’accepte pas soi-même ? Un enfant ne souffrira jamais d’un excès d’amour, de tendresse, de complicité, de confiance, de douceur et d’estime. Les adultes gâchent la vie des enfants en leur apprenant des croyances et des moralités périmées. Ils imposent l’autorité de leur propres parents qu’ils portent encore et toujours en eux.

Demandez-vous régulièrement si vous comprenez votre enfant et s’il a bien compris que vous l’avez accepté tel qu’il est.

“La raison pour laquelle à Summerhill nous recevons tant de compliments sur le travail de nos anciens élèves, dans les emplois qu’ils exercent, c’est qu’ils ont vécu à fond l’âge des rêves égocentriques. Quand ils deviennent de jeunes adultes, ils peuvent faire face aux réalités de la vie sans aucun regret inconscient d’une enfance mal vécue.”

3 – La liberté

Pour parler de liberté il faut que les enfants se sentent libres. Libre de décider leur vie sociale. A partir du moment où il y a un patron, il n’y a pas de liberté. Que le patron soit autoritaire ou bienveillant.

La discipline strict est le meilleur moyen pour l’adulte d’avoir la paix. Les enfants libres ne permettent pas aux adultes d’avoir une vie tranquille. C’est sous ce prétexte que les adultes expliquent leur comportement strict. “Vous n’avez jamais entendu dire : “ça va pas se passer comme ça !” ou “Il faut faire bloc devant l’enfant” ou encore “Une punition,  il faut la tenir et jusqu’au bout !” Les adultes qui craignent la corruption des jeunes sont eux-mêmes corrompus. Il n’ont pas foi en l’enfant mais ils ont peur de celui-ci. L’enfant perçoit qu’il n’est pas aimé et qu’il n’a pas plus de valeur qu’un criminel. L’enfant n’est pas mauvais, il est naturellement bon.

Accorder la liberté et l’autonomie à l’enfant c’est croire en la nature humaine. La liberté est nécessaire au développement naturel de l’enfant. Un enfant autonome est un enfant équilibré qui est capable de connaître la limite entre liberté et anarchie. En liberté, les enfants n’ont pas autant de haine à exprimer que les enfants opprimés.

On pourrait penser d’anarchique la pédagogie de Neill lorsqu’on entend liberté. Mais elle n’a rien d’anarchique. Tout est pensé, réfléchis et autogéré. Seulement, ce sont les enfants autant que les adultes qui participent à cette gestion. Ils sont autant responsables. Lorsqu’il y a des conséquences (positives ou négatives) ils trouvent ensemble des solutions. Créant des êtres responsables, autonomes, impliqués et actifs.

Les règlements sont respectés car ils sont créés par eux-mêmes et jamais imposés. Les adultes sont pour les enfants des partenaires. Il n’y a pas de crainte ou de sentiment d’infériorité car ils ne font pas preuve d’autorité. L’enfant autonome sera capable de vaincre les influences extérieurs même celles des adultes. Car ce sont des enfants qui réfléchissent avant d’agir et de prendre une décision.

Un lieu de liberté n’est pas un lieu où les enfants ont tous les droits. C’est un lieu où les adultes et les enfants ont des droits égaux. Un lieu où la parole et l’écoute de chaque sont importantes et prises en compte. La liberté amène un respect mutuel et des règles de vie cocréées pour que ce ne soit pas l’anarchie.  A Summerhill, chaque individu est libre de faire ce qu’il lui plaît aussi longtemps qu’il ne viole pas la liberté de l’autre.

4 – L’adulte et l’enfant sont égaux

L’adulte ne doit pas représenter une autorité à craindre mais doit être leur égal. L’absence de crainte est la meilleure chose qui puisse arriver à un enfant. Les enfants élevés sans crainte ne sont pas influençables. Une chose frappante à Summerhill est la sincérité des élèves. C’est ce qui se passe lorsque les enfants vivent sans crainte. “C’est moi qui ai cassé la vitre”. De plus, ils établissent plus facilement des contacts avec les étrangers et les adultes. Ce sont des êtres plus sociables.

Ce n’est pas pour ça que l’adulte ne doit jamais se mettre en colère. Mais cette colère doit être propre à lui-même. Il ne doit pas être moralisateur envers l’enfant. Si le stylo à plume préféré du professeur vient à être cassé, ça doit rester une affaire de stylo cassé et c’est tout. Cela ne doit pas être une affaire d’enfant coupable. L’enfant s’il ne se sent pas accusé ni jugé, il cherchera à réparer ou s’excusera de lui-même. L’enfant verra la colère de l’adulte avec la même importance que celle de son copain.

Afin d’arriver à ce stade d’égalité, tout le monde doit faire des compromis. Les adultes sont les premiers concernés car ce sont toujours eux qui montre l’exemple. Là où des adultes autoritaires feraient preuves de violences et d’autorités, les adultes sains font des compromis. Des efforts positifs sont demandés à chacun.

Lors des assemblées générales, le vote d’un enfant de six à le même poids que celui de l’adulte. Tout le monde à le droit de s’exprimer et le droit d’être écouté. Lorsqu’une loi est votée, elle est valable pour tous. Par exemple, une des lois votée est que personne n’a le droit d’emprunter quelque chose sans la permission du propriétaire. Ceci est valable pour les enfants et adultes.

5 – Les assemblées générales

Le gouvernement autonome de Summerhill n’a pas de bureaucratie. A chaque assemblée un nouveau président (un enfant) est désigné par le président sortant. Le secrétaire (un enfant) est un volontaire. Les surveillants de chambres (des enfants) changent chaque semaine. Cette démocratie établit des lois.

Aux assemblées générales les problèmes sont abordés. Cela peut-être des conflits entre enfants, une organisation à revoir, du matériel détérioré et tout autres problèmes. Les enfants émettent des hypothèses pour résoudre la difficulté. Puis, le président tranche pour une décision ou fait voter une loi. Les réunions se passe très bien avec beaucoup de justesse. Les enfants prennent très à cœur ces réunions car elles établissent le fonctionnement de l’école.

Les assemblées permettent aux enfants de parler en public, de débattre, de développer et argumenter ses idées et de développer des interactions relationnelles. Les enfants font preuve d’empathie et de charité. Lorsque qu’une sanction est choisie, ou plutôt un compromis, l’enfant l’accepte convenablement car c’est toujours décidé avec justesse par ses camarades. L’enfant en question participe même au choix de la “sanction”.

6 – Le jeu

Le jeu a une place très importante dans la vie des enfants. Un enfant de 6 ans peut jouer toute la journée. Tout ce que va voir, entendre et percevoir l’enfant va alimenter son imaginaire (un film, un livre, une discussion …). Ils ont une imagination très vive. Les fondements du jeu sont dans les cœurs de chaque enfant. Pour les jeunes enfants la réalité et les rêves sont très proche.

“Quand un garçon de dix ans se déguise en fantôme, les tous petits hurlent de plaisir.”

Pour beaucoup d’adultes, le jeu est une perte de temps. Alors qu’en réalité l’enfance est le temps du jeu et ce temps est à respecter. L’adulte n’offre que peu de place au jeu. C’est bien dommage. Il faut se dire qu’un enfant ne joue jamais assez. Et l’un des mal de l’être est que le jeu n’est pas assez présent durant l’enfance. Il devrait y avoir plus de place au jeu et moins aux apprentissages scolaires.

“Mille fois j’ai entendu la question inquiète : “Mais mon fils joue toute la journée, apprendra-t-il jamais quelque chose ? Comment passera-t-il ses examens ?” Très peu accepte ma réponse : “Si votre enfant joue autant qu’il le désir, il pourra passer ses examens après deux ans de préparation au lieu des habituels cinq, six ou sept ans dans une école qui ignore le jeu comme facteur de vie.” “

La peur de l’avenir amène les parents à priver les enfants de jouer. A la place de cette peur ils devraient avoir confiance en leurs enfants. Si l’enfant garde sa spontanéité, s’il a confiance en lui, qu’il  développe son sens créateur, ce qui est stimulé par le jeu, il trouvera et se formera à un métier qui l’intéresse. Les enfants libres et sains n’ont pas peur de l’avenir. Ils anticipent avec plaisir.

Un des élèves est resté 13 ans à Summerhill sans jamais assister à un seul cours et il est devenu ingénieur dans la fabrication d’instruments de précision. Les élèves ont un retard dans le programme. Mais ils sont capables de produire un travail intensif. En un ou deux ans, ils sont capables de couvrir le programme qui a prit 8 ans par des élèves des écoles conventionnelles.

7 – Le talent

Sortis de la petite enfance, les enfants deviennent petit à petit des créateurs, des talentueux créateurs.

Des pièces de théâtre sont écrites, organisées et entièrement produites par les enfants. Ce sont de remarquables pièces de théâtres. Le niveau est élevé. Ils vivent leurs rôles avec sincérité. Le trac est inconnu de ses pièces seul l’enthousiasme est présente. Les enfants acquéraient de la confiance en soi. Une grande connaissance de soi-même est nécessaire pour pouvoir s’identifier à son personnage et vivre ses émotions.

Conclusion

Summerhill crée des êtres libres, originaux, créateurs et talentueux. Ce système participe à rendre la société plus harmonieuse grâce au bonheur, à la sincérité, à l’équilibre et à la sociabilité que Summerhill offre. Voici un livre à mettre entre toutes mains, il vous transmet toutes les clés pour aider votre enfant à s’épanouir. Dans le prochain article je vous expliquerai comment mettre cette pédagogie en pratique à la maison.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  
    5
    Partages
  • 5
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *